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Aux Jeux paralympiques, l’imbroglio de la classification des athlètes : « Il y aura toujours de l’injustice »

Un système de classification en évolution permanente, des catégories d’athlètes différentes retenues selon les disciplines qui peuvent changer jusqu’au dernier moment, jusqu’à 39 catégories en athlétisme… Vous avez dit « usine à gaz » ?

Une nageuse qui se rend à sa ligne d’eau en boitant, deux autres qui arrivent en fauteuil roulant, une autre en trottinant en petites foulées, une dernière qui enlève ses jambes artificielles au moment de s’installer sur le plot de départ… Nous sommes le 8 septembre 2016, dans la piscine olympique de Rio, au Brésil, pour la finale du 400 m nage libre dames en catégorie S8 aux Jeux paralympiques.

« Je savais que les dés étaient pipés depuis le début », confie à franceinfo la nageuse danoise Amalie Østergaard, cinq après. « Il n’y avait que trois nageuses qui pouvaient vraiment lutter pour le podium. Elles le savaient et nous aussi. » Devant sa ligne d’eau, l’Américaine Brickelle Bro rumine aussi au moment d’ôter ses prothèses de jambes : « Les différences physiques étaient bien trop criantes. » L’Australienne Lakeisha Patterson pulvérise le record du monde, et seules deux nageuses terminent moins de 10 secondes derrière. Le reste de la concurrence accuse une longueur de retard.

Un certain malaise s’installe en tribunes quand la gagnante entame un tour d’honneur en courant pour fêter sa médaille d’or, alors que sa dauphine, l’Américaine Jessica Long, a été amputée des deux jambes à la naissance. Brickelle Bro, arrivée 7e à 35 secondes : « Et moi, pendant ce temps-là, je galérais à sortir de la piscine, de façon vraiment pas gracieuse. J’étais épuisée, mes bras n’arrivaient pas à me porter. Je me souviens avoir attendu qu’on me hisse hors de l’eau. Je revois encore Lakeisha courir à ce moment-là vers les journalistes… La dernière image de ma carrière en paralympiques. » Son père se fendra d’une lettre ouverte au président du comité paralympique. Ecœuré. Et loin d’être le seul. « Cette scène est gravée dans ma mémoire », élude Amalie Østergaard, qui s’est qualifiée pour les Jeux paralympiques de Tokyo, lesquels démarrent le mardi 24 août. Sans illusion sur ses chances de décrocher une médaille. « Cinq ans plus tard, je pense que rien n’a changé. Le système de classification est toujours aussi injuste. »

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